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Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /2009 18:53

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2009 a annoncé un enjeu de taille pour les entreprises dés 2010. A compter du 1er janvier 2010, les entreprises d’au moins 50 salariés devront avoir conclu un accord collectif relatif à l’emploi des seniors ou bien avoir mis en place un plan d’action sur ce point.

 

A défaut, elles se verront sanctionnées par le paiement d’une contribution s’élevant à 1% de la masse salariale et ce,  pour chaque mois au cours duquel l’entreprise ne sera pas couverte par un accord ou un plan d’action sur l’emploi des seniors.

 

L’année 2009 devra donc être mise à profit pour travailler sur la place des seniors et leur devenir dans l’entreprise. Si l’initiative du législateur doit être ici saluée, on peut cependant regretter qu’il faille une disposition répressive pour faire évoluer les comportements et mœurs sur l’emploi des seniors.

 

Entreprises visées :

Sont concernées par cette obligation de négocier :

-         les entreprises d’au moins 50 salariés

-         celles de plus de 300 salariés (y compris en cas de présence d’un accord de branche sur les seniors)

 

Sont exclues de ce dispositif les entreprises entre 50 et 300 salariés ayant déjà conclu un accord de branche étendu sur l’emploi des seniors. Cet accord doit cependant faire l’objet d’un avis favorable du ministre de l’Emploi.
Ainsi, ces entreprises ne se verront pas infliger la pénalité de 1% dés lors qu’elles remplissent les conditions précitées.


Dans ce cadre, une négociation triennale doit se dérouler sur l’emploi des seniors dans les entreprises dotées d’une telle convention de branche. Cette négociation porte sur les conditions de travail, la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences et l’emploi des salariés âgés, notamment par l’anticipation des carrières professionnelles, par la formation professionnelle et par la prise en compte de la pénibilité au travail.

 

Modalités de l’obligation de négocier :

Les entreprises disposeront de deux alternatives : soit elles font le choix de conclure un accord d’entreprise ou de groupe sur l’emploi des seniors, soit elles élaborent un plan d’action pour une durée maximale de trois ans.

 

Dans les deux hypothèses, l’accord ou le plan d’action devra comporter :

-     Un objectif chiffré de maintien dans l’emploi des salariés de 55 ans et plus ou bien un objectif chiffré de recrutement des salariés de 50 ans et plus.

 

-     Des dispositions concrètes permettant d’atteindre cet objectif et portant sur au moins 3 domaines parmi ceux énoncés ci-dessous (décret n°2009-506) :

o    recrutement des salariés âgés dans l’entreprise,

o    anticipation et évolution des carrières professionnelles,

o    amélioration des conditions de travail et prévention des situations de pénibilité,

o    développement des compétences et des qualifications et accès à la formation,

o    aménagement des fins de carrières,

o    transmission des savoirs et des compétences et développement du tutorat

 

-      Des modalités de suivi de la mise en œuvre et de la réalisation de ces dispositions :

o    dans le cadre d’un accord collectif de branche, le rapport annuel de branche devra mentionner les indicateurs et leur évolution,

o    dans le cadre d’un accord d’entreprise ou de groupe, les modalités de suivi et de réalisation sont laissées à la libre détermination des acteurs de la négociation,

o    dans le cadre d’un plan d’action, le Comité d’entreprise ou à défaut les DP seront informés annuellement des indicateurs et de leur évolution.

 

Illustration du contenu d’un accord ou d’un plan d’action :

-     Suivi de carrière : mise en place d’entretien professionnel de 2ème partie de carrière (45 ans): destiné à faire le point sur l’évolution professionnelle du salarié, ses besoins de formation, un aménagement éventuel de ses conditions d’emploi

 

-     Formation : développer le recours aux formations via le DIF, le bilan de compétences, la VAE ou encore la période de professionnalisation en mettant notamment en place des priorités pour les plus de 45 ans par exemple.

 

Validation possible par le préfet :

Afin de s’assurer que l’accord ou le plan conclu respecte bien les obligations légales, les entreprises ont la possibilité de solliciter le Préfet de région pour qu’il vérifie leur conformité.

Cette demande prendra la forme d’un courrier recommandé avec AR, auprès du préfet de région. Le préfet aura alors un délai de 3 mois pour donner une réponse. Au delà des 3 mois, la demande est réputée acceptée et l’accord conforme à la loi.

 

Cette nouvelle obligation à la charge des employeurs place ainsi les seniors au cœur d’une priorité pour l’année 2009.

Par Julie_F - Publié dans : ACTUALITES - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
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Commentaires

Bonjour,
Je me pose un certain nombre de questions à propos de l'obligation faite aux entreprises de conclure un accord ou mettre en place un plan d'action sur l'emploi des seniors
La première : qui décide ou bien quel élément préside au choix entre négocier un accord ou opter pour un plan d'action ?
La seconde : imaginons que les objectifs quantifiés fixés dans l'accord ou le plan ne soient pas réalisés. Y aura t'il des sanctions possibles ? Qui en sera l'instigateur ? Faudra t'il que l'entreprise justifie pourquoi et donc qu'elle s'aménage les preuves ?
La troisième : si l'Urssaf effectue un contrôle alors que l'entreprise a soumis son accord ou son plan au préfet de région et qu'elle attend la réponse de ce dernier, peut il y avoir deux avis qui diffèrent et si oui lequel entre l'Urssaf ou le préfet l'emporte ?
Merci par avance à celles ou ceux qui ont des éléments de réponse à mes questions
Commentaire n°1 posté par eras le 05/06/2009 à 10h06

Bonjour,

Concernant votre première question: qui fait le choix de la mise en place d'un accord ou d'un plan d'action? La loi laisse le choix entre les mains de l'employeur. C'est donc la direction qui sera en mesure de décider si elle souhaite négocier un accord ou bien faire un plan d'action.

Dans un second temps, concernant le non respect des engagements pris par l'employeur: le législateur n'envisage pas cette hypothèse, d'aprés ce que j'ai pu lire. En revanche, il est légitime de penser que le non respect de ces engagements donnera bien évidemment lieu à sanctions. Autrement on voit mal l'intérêt de ce type de négociation...
De plus, s'il s'agit d'un accord collectif négocié, une demande en justice pour l'exécution de l'accord collectif sera alors ouverte comme dans tous les cas d'accord collectif non respecté.
Le plan d'action quant à lui est également "négocié" ce qui signifie bien qu'en casde non respect de son contenu, les syndicats seront en mesure d'agir pour en demander l'exécution. 

En ce qui concerne en revanche l'adéquation entre la décision du préfet et l'Urssaf il convient d'attendre que plus de précisions soient fournies sur ce sujet afin de vous apporter une réponse claire. A ce jour,il paraît difficile d'anticiper sur ce point.

Cordialement.

Réponse de Julie_F le 05/06/2009 à 10h32
Bonjour,

J'aurais besoin du texte où il est écrit que l'enmployeur peut mettre en place indifféremment un accord ou un plan d'action de son propre choix. Sauriez-vous où je peux le trouver ou comment l'obtenir?

Merci par avance,
Anne-Sophie
Commentaire n°2 posté par Anne-Sophie B le 11/06/2009 à 16h17
Bonjour,
Merci Julie de votre réponse.
Vous me dites dans votre réponse que le plan d'action est négocié
Cela veut il dire que l'employeur doit discuter du contenu de ce plan avec les DS de l'entreprise ou du groupe ?
Je pensais que ce plan d'action était établi unilatéralement par l'employeur puis soumis au CE pour avis
C'est pourquoi j'ai un doute sur le fait que l'employeur puisse choisir tout seul entre l'accord ou le plan
Ne serait ce pas plutôt en cas d'absence de syndicats que l'empoyeur doit établir ce plan ou bien encore dans le cas où la négo n'aboutit pas à un accord ?

Quant à la situation de contrôle de l'Urssaf alors que l'accord ou le plan est en attente de décision du préfet, je pense que les délais du contrôle puis de la décision de l'Urssaf sont tellement longs, que le préfet aura répondu avant. dans ce cas, il me semble que l'Urssaf est tenu par la décision du préfet. Qu'en pensez-vous ?

Dans l'attente de votre réponse, bien cordialement
Eras
Commentaire n°3 posté par ERAS le 11/06/2009 à 19h46
bonjour,

la pénalité d'1% est basée sur quoi ?
merci de votre aide
Commentaire n°4 posté par muriel le 24/07/2009 à 00h20
Bonjour,

La pénalité est basée sur les rémunérations ou gains versés aux salariés

Cordialement
Réponse de Julie_F le 24/07/2009 à 21h01
Une question m'intrigue sur le fait qu'une fois par an un bilan de santé est éffectué  chaque année à la sécurité sociale pour connaitre l'état de santé du salarié.
Si le salarié est considéré inapte par la sécurité sociale, comment se déroulera la suite des événements pour lui???
Juridiquement, je pense qu'il serait important de se pencher sur la question.
Commentaire n°5 posté par Charlesege le 08/12/2009 à 16h16
Bonjour,

La sécurité sociale n'est pas habilitée à déclarer inapte un salarié à son emploi...
Seul le médecin du travail en a la capacité.

Cordialement
Réponse de Julie_F le 08/12/2009 à 16h39
 
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